Cet hiver fut interminable et d'ailleurs, ne semble toujours pas être terminé.
Action - Réaction face à cette météo sibérienne, je me suis lancée dans un de mes projets favoris : trouver une destination de voyage ! En pleine carence de vitamine D, je me connecte à Internet. Je reprends ma shopping list non exhaustive de destinations avec une condition sine qua non : du soleil à tout prix avec une température ambiante dépassant forcément les 24°C.
L'avant dernier projet en cours était la Floride au mois de juin ... certainement suite à une intoxication à la série "Dexter" que je regardais en replay toutes les semaines. Mais suite à un apéro dinatoire chez Marie, juin s'avérait un mois pluvieux. Ah ça non ! C'est déjà la Sibérie en France, je ne vais pas me taper la pluie en vacances ! J'ai fui volontairement la Normandie et je suis devenue allergique à l'humidité. J'ai rayé (provisoirement) la Floride de ma short list de destinations de vacances.
Le dernier projet en cours était Cuba. Toujours aimantée par la culture hispano américaine, il fallait que j'aille visiter ce pays avant que Raul Castro (le frangin) ne casse sa pipe. Et oui, car le jour où il se fera embaumer comme tout bon dictateur, les américains vont débarquer avec leurs fast foods et autres en-cas hyper caloriques, leurs sodas XXL, et Cuba sera la nouvelle destination de vacances pour les jeunes Justin Bieber en mal de comas éthyliques et leurs bimbos hyper siliconées en quête de frissons anti-puritanistes (mais pas que blondes !). J'avais déjà monté des plans tels, une semaine de cours de percussions, suivie d'une semaine de cours de salsa pour finir par une semaine de bronzage de doigts de pieds au bord de la plage (tout en veillant bien à avoir suffisamment la marque des tongs pour faire bisquer les copines !). Puis, j'ai évolué vers la solution du circuit organisé, comme une "social rehab" avec un groupe de vrais gens afin de ne pas terminer comme une véritable femme des cavernes des Hauts de Seine. Tout était calé, je devais partir le 9 juillet. Mais en déjeunant avec une collègue, elle m'a pourri mon projet en me disant que l'été était le début de la saison des pluies. Nada ! Ni hablar ! Même à Cuba, en dansant la salsa, hors de question de me faire saucer le brushing pendant mes vacances.
Donc, retour sur la toile pour chercher de nouvelles destinations. Le Mexique fait également partie de ma shopping en cours. Je regarde les circuits proposées mais rien ne correspond avec mes dates de départ.
Quitte à changer de destination, je repars de l'autre côté de l'Atlantique pour traverser l'Asie Centrale, et atterrir sur le Kazakhstan. Et pourquoi pas le Tibet ? Des destinations qui me font rêver mais ma carence en vitamine D me rappelle à l'ordre. Petit détour sur un site "Quand partir où ?" ou "Où partir quand ?" qui m'informe que le bassin méditerranéen est une excellente destination en juin. Certes, mais je compte partir 3 semaines. Je clique un peu sur tous les pays mais rien ne m'attire.
Alors je me dis, quitte à refaire une destination, pourquoi ne pas retourner faire le tour des Grands Canyons de l'ouest américain ? Je vais sur le site Terre d'Aventure et je clique sur "Etats Unis". Et que vois-je apparaître en deuxième ligne ? "Hawaii : entre jungles et volcans". Je pousse un cri quasi orgasmique devant mon ordi (l'avantage d'être célibataire !). Mais ouiiiiiiiiiiii, Hawaiiiiiiiiiiii ! Ca, c'est un vrai projet de vacances ! Les dates collent avec mes "obligations professionnelles", il y a une promo et le départ est assuré. Nous étions le mi avril et le départ était pour le 19 mai pour un circuit de 15 jours.
Dès le lendemain, je téléphone et on me confirme qu'il reste bien de la place. Cependant, le jeune homme au téléphone m'informe d'une particularité du circuit : le guide sur place est anglophone et germanophone. Je n'écoute que d'une oreille et je trouve super sympa de faire un tour avec un guide anglophone. Le jeune continue son descriptif et ma deuxième oreille se remet en marche. Euh ? Mais pourquoi un guide anglophone ET germanophone ? Comme Terre d'Aventure n'arrive pas à remplir ce tour avec uniquement des Frenchies, ils mutualisent avec d'autres agences européennes. Je serai donc en compagnie d'anglais et d'allemands. Tout un tas de flashs font irruption dans mon cortex frontal : la fête de la saucisse de Molsheim (ça pue la saucisse au barbecue !), des allemandes pleines de poils aux pattes, un souvenir assez désagréable d'un groupe allemands lors d'une croisière en Croatie (Freddie peut témoigner), des allemands en train de me roter leur bière en plein dans les narines, Angela Merkel à qui il semble manquer 4 cervicales et qui fait qu'elle a toujours la tête enfoncée dans ses cols de chemisiers ! Grande question philosophique : suis-je capable de supporter des allemands en vacances ? J'éprouve déjà certaines difficultés avec les français. Vu le prix du voyage, est-ce bien raisonnable de se lancer dans une telle aventure inconnue ? Mais mon cerveau reptilien (celui des réflexes de survie) reprend le dessus : TU ES EN CARENCE DE VITAMINE D ! Hawaii = Soleil garanti. J'informe le jeune homme que cela ne me dérange pas d'être avec des anglais, mais que les allemands, c'est plutôt bof. Cependant, je mets une option pour réserver ma place le temps de faire un transfert bancaire avec mes comptes Off Shore. Nous étions jeudi.
Vendredi, je consulte 15 fois ma banque en ligne pour vérifier que le transfert est effectif. J'appelle pour être sûre que l'on me garde la place au chaud le temps que ING Direct et Axa Banque se mettent en relation !
Samedi, message sur le portable. Le gars de Terre d'Aventure m'informe qu'il s'est renseigné et qu'il n'y aura que des allemands sur ce groupe. Pas de British. Ce jeune homme a manifestement perçu que les Allemands n'étaient mes supers potes et il souhaitait que je sois avertie de ce point avant d'engager des démarches financières. Cependant, il garantit que sur le départ de Septembre, il y aura bien des français et des British. Concernant les démarches financières, c'est trop tard et concernant la possibilité de partir en septembre, cela ne me convient pas à cause du taf. Qui plus est, attendre jusqu'à septembre me parait insurmontable. Je le rappelle et ce jeune homme me confirme tous ces points. Je lui demande s'il peut me laisser le weekend pour réfléchir. Pas de souci, l'option tombe lundi. Par la même occasion, je lui demande s'il est possible de décaler mon retour pour pouvoir rester une troisième semaine (toujours cette carence en vitamine D).
Je passe tout mon samedi et mon dimanche à osciller entre "j'y vais - j'y vais pas". Je resurfe sur la toile mais l'idée d'aller dans les Iles Grecques au lieu d'Hawaii ne me réjouit pas !
Lundi matin, toujours pas de réponse définitive à mon problème. Terre d'Aventure me laisse un nouveau message comme quoi je dois me décider car l'option tombe ce jour. Merdum ! Je ne sais pas quoi faire ? Tellement désemparée que j'appelle ma mère ! Un truc de ouf, non ??? "Allô Maman, j'ai un problème existentiel !". Ma mère tente de cacher son inquiétude tellement peu habituée à ce que je l'appelle pour m'aider à résoudre un problème. Je lui explique mon dilemme et elle se met à rigoler nerveusement comme pour évacuer un trop plein d'anxiété soudaine. Elle partage mon avis sur les allemands. "C'est que les allemands au camping, on les remarque !". Bruyants, pas sympas ... Nous discutons et finalement, ma mère devient "le modérateur" et fait preuve d'une grande tolérance. "Les allemands ne sont pas tous forcément comme ça ... je dirais même plus, les allemands qui partent en vacances à Hawaii ne sont forcément pas comme ça !". Puis, Richard se mêle à la conversation. Lui pense tout le contraire : les allemands sont sympas. Ma mère conclut : ce sera une expérience pour toi de partir avec des allemands ! Sincèrement, je n'ai pas su si je devais interpréter cela comme un grand élan de modération ou un message subliminal comme quoi il serait temps que je me sociabilise ...
Il est 12h00 et je suis convaincue à 70 %. J'appelle ma copine - collègue Marie qui Sprieche Deutch. Je lui explique mon problème existentiel et elle me rassure en me disant que les allemands sont sympas et éduqués.
Je rappelle Terre d'Aventure et je fais chauffer la carte bleue ! Evidemment, je me prends pour une Princesse du Pétrole qui peut faire chauffer sa carte bleue comme bon lui semble mais, j'atteins le plafond autorisé. J'ai la carte Visa et non, la carte Visa Premier. Je dois appeler ma banque pour qu'il me déplafonne tout ça rapidement. Tellement lobotomisée par toutes ces réflexions du weekend, je me laisse convaincre pour adhérer à la Visa Premier (la carte bleue des riches). Passée la quarantaine, je me dis qu'il faut maintenant que je prenne au sérieux les conditions de rapatriement sanitaire et c'est ce point qui me décide !
Et oui, faire des projets de voyage après 40 ans modifie un peu la donne. Je pars la carte Visa Premier en poche prête à dégainer en cas de pépins (C'est fini la totale insouciance !), je me suis fait prêter des chaussettes de contention pour éviter le syndrome des pieds d'éléphants à l'atterrissage, je viens d'aller consulter mon osteo pour ne pas avoir le dos en vrac avec le sac à dos, je commence à hésiter entre le maillot de bain 2 pièces ou 1 pièce ... C'est moche de vieillir !
Une fois réglées mes dettes, je commence mon shopping de vacances. Alors que tout le monde serait prêt à se racheter une doudoune pour finir le printemps, je suis une des rares dans les rayons maillots de bain ou tongs ! C'est grisant ! En revanche, les rayons crèmes solaires ne sont pas encore correctement achalandés et je vais devoir revenir plus tard.
Mercredi 1er mai, ma mère et Richard me rendent visite. Ma mère ayant fait le calcul comme quoi je pars 3 semaines à Hawaii et elle part ensuite 4 semaines en vacances, cela ferait trop long sans se voir. Petite visite rapide car elle m'avoue au téléphone qu'elle m'a acheté des chaussettes et une polaire fine. Sympa mais pourquoi ? Je me rends compte que je n'ai pas vraiment regardé le descriptif du voyage. J'ai acheté "le concept Hawaii" et non le détail de toutes les randonnées. J'ai lu mais en diagonale puisque ma mère me signale que j'ai 2 journées avec quelques heures de rando. Qui dit Rando, dit Chaussures, dit Chaussettes ! "Tu as prévu des bonnes chaussures ?" me demande t-elle. Bah mes running. J'ai justement mes running aux pieds et je m'aperçois que j'ai le gros orteil qui menace sérieusement de faire une percée. Merdum, ça va pas le faire ! Richard me conseille une marque. J'irai au Décathlon ce weekend. C'est important d'avoir des bonnes chaussures ... pour éviter d'avoir les jambes gonflées, le dos en vrac et rêver d'un rapatriement sanitaire pour aller consulter son osteo adoré en urgence et/ou avoir l'air une vieille mémé rabougrie en maillot de bain 2 pièces après une journée de rando dans les volcans !
Il me reste encore à régler quelques détails : mettre à jour ma demande de visa ESTA, réserver l'auberge de jeunesse pour ma semaine en free lance et un saut de puce en avion pour passer d'une île à une autre ! Heureusement que j'ai la carte Visa Premier :-)))
Aloha !!!!